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Le Château du Lude

lude2.jpgLe château du Lude surplombe la riante vallée du Loir de ses quatre puissantes tours rondes. Malgré l'apparente régularité de son plan en quadrilatère, le château a connu plusieurs états successifs et de nombreuses modifications qui ont même fait pivoter son orientation de 180° au XVIII siècle.

Au Xe siècle, la forteresse primitive, « le castellum Lusdi » appartient aux comtes d'Anjou. Du fait de sa position, elle sert à défendre l'Anjou contre les incursions des Normands, puis des Anglais durant la guerre de 100 ans. C'est au XIIIe siècle, qu'une nouvelle forteresse élève ses six tours près du château primitif. Elle appartient aux Vendôme en 1378. Prise par les Anglais en 1419, elle est délivrée par Gilles de Rais, le légendaire Barbe Bleue, en 1427, au terme d'un combat victorieux. Gilles de Rais reprend la place avant de rejoindre Jeanne d'Arc à Orléans. Il reste quelques vestiges de cette forteresse dans la tour nord-est et dans les sous-sols.

Vingt ans plus tard, apparaît la grande famille militaire des Daillon.

Les Daillon.

lude4.jpgLe chambellan et ami d'enfance de Louis XI, Jehan de Daillon né à Bourges en 1423, prend possession du domaine du Lude en 1447. Le domaine restera dans sa famille jusqu'en 1685. Jehan de Daillon s'attacha, en 1453, à la personne de Charles VII après avoir abandonné le parti du Dauphin, le futur Louis XI. Mais, celui-ci devenu roi, Jehan de Daillon dut se réfugier dans une grotte de la vallée de la Maulne pour échapper au courroux royal : il y aurait vécu 7 ans. Louis XI lui accorda enfin son pardon et Daillon parvint aux plus hautes destinées : Chambellan du roi.
A partir de 1456, Jehan de Daillon transforme la forteresse en une élégante demeure de plaisance, que ses descendants embelliront durant 2 siècles. On leur doit la façade Renaissance de style italien et la cour d'honneur aux plaques de marbre.
Au service du roi Louis XI, Jehan de Daillon est également en relation avec l'entourage du roi René et confie la reconstruction du château à Jean Gendrot, maître maçon du duc d'Anjou, qui a la "charge des œuvres du sire du Lude". De cette période date essentiellement l'aile nord remaniée par la suite.
Jehan de Daillon, alors gouverneur du Dauphiné, meurt en 1482. Le Lude revient à son fils Jacques, qui combattit dans les guerres d'Italie. Jacques de Daillon continue les travaux dans le corps de logis nord et la tour nord-est, et il élève un autre corps de logis et deux tours au sud, où apparaît le nouveau répertoire ornemental. Il faut imaginer le château Renaissance orienté différemment, avec un plan général en U, disposé autour d' une cour en forme de trapèze, simplement fermée à l'est par un mur de clôture. De ce côté et en contrebas, se trouvait une avant-cour, dont chaque aile latérale se terminait par une tour.
lude6.jpgLe système défensif est purement ornemental, tant à la tour nord-est où le chemin de ronde est trop étroit pour être efficace, que dans les tours sud où une double lucarne interrompt le mâchicoulis décoratif. Un remplage gothique, caractéristique de la fin du XV siècle, orne le parapet de la tour nord-est, tandis que celui des tours sud reçoit des médaillons qui font écho à ceux de la façade. La façade sud appartient en grande partie au XVIe siècle, avec toutefois quelques modifications et restaurations du XVIIIe et du XIXe siècles. Elle est entièrement quadrillée par les pilastres qui bordent les travées et par les corps de moulures horizontaux. D'énormes médaillons occupent les trumeaux. Cette organisation à l'effet colossal se prolonge dans les deux tours, où les médaillons ne sont pas placés au centre des trumeaux, mais rapprochés de la fenêtre, pour paraître de face. La progression stylistique indique que l'on a commencé les travaux par la travée droite de la façade. En effet, à droite, les chapiteaux des pilastres ont encore une forme très compacte, une séparation peu marquée entre le tailloir et la corbeille et des figures d'angle peu débordantes, selon une manière qui fleurit autour de 1510. En outre, toutes les fenêtres de la travée sont couronnées d'un fronton à coquille qui occupe l'allège de la fenêtre placée au-dessus, comme dans le châtelet d'entrée de Gaillon peu avant 1510. Dans la travée centrale et les travées des tours, les chapiteaux s'étirent en largeur, avec un tailloir plus développé et des figures d'angle qui jaillissent hors de la corbeille, et les frontons à coquille se limitent aux lucarnes, autant de signes qui montrent un style plus évolué. Enfin dans la travée gauche, les chapiteaux sont clairement articulés en profondeur avec une corbeille nettement dissociée du tailloir, tels qu'on les rencontre dans les années 1520-1530. La sculpture s'affine, avec des rinceaux plus fins et plus nerveux dans la travée de gauche.
Dans le premier quart du XVIIe siècle, autour des larges douves, l'ancienne place forte est rasée pour l'aménagement d'une grande terrasse bordée d'une élégante balustrade de pierre sur plus de 200 m. À cette époque, d'une part, on régularise la cour en doublant le corps de logis ouest, ce qui enferme la vieille tour d'escalier hors-œuvre qui débordait dans l'angle sud-ouest et d'autre part, on réduit l'épaisseur du mur nord.

Les modifications de l'architecte Barré.

En 1751, Le Lude devient la propriété de Joseph Duvelaër, chef du Conseil de la Compagnie des Indes. Sa nièce, la Marquise de La Vieuville, fait débuter une nouvelle campagne de travaux. Celle-ci est mené sous la direction de l'architecte Barré qui s'est illustré quelques années plus tôt à Montgeoffroy. Barré supprime l'avant cour, remplace le corps de logis ouest par le portique actuel et édifie l'aile classique de style Louis XVI. Il donne ainsi une nouvelle orientation au château.
À l'est, Barré masque les tours par des pavillons latéraux dont les toitures sont plus élevées que celle du pavillon central, qui paraît d'autant plus abaissé qu'il est couronné d'un fronton aplati. La composition tripartite de la façade, avec de forts pavillons latéraux, donne curieusement à l'aile orientale une allure un peu archaïsante qui évite la rupture architecturale avec l'élévation de la cour réalisée au XVIIe siècle.

De la Révolution à nos jours.

Colonel_Auguste-Frederic-Bon-Amour__marquis_de_Talhouet.jpgla Marquise de La Vieuville défend le Château pendant la Révolution. Ses descendants, les Talhouët-Roy, entreprendront tout au long du XIXe siècle de vastes travaux de restauration.
Depuis 250 ans dans la même famille, le Lude est aujourd'hui la propriété du Comte et de la Comtesse Louis-Jean de Nicolaÿ, qui poursuivent la tradition de restauration et d'embellissement, notamment par la création de nouveaux jardins.
La richesse et la diversité des styles qui caractérisent le Château du Lude se retrouvent aussi dans la décoration intérieure et son mobilier.
Les appartements offrent l'intimité et la vie des demeures habitées. On peut encore voir dans la tour sud-est un remarquable cabinet de peintures, réalisé par l’École de Raphaël pour la Duchesse du Lude. Ce cabinet fut commandé dans les années 1560 par Guy de Daillon.. C'est un exemple unique de studiolo à l'italienne dans un château français. Un décor de grotesques couvre les voûtes tandis que des panneaux historiés ornent les murs. Cette pièce a été réduite d'un tiers environ à la fin du XVIIIe siècle, aussi le décor du nouveau mur ouest date du XIXe siècle.
Au sous-sol, les anciennes cuisines voûtées sont en service depuis le XVe siècle, tandis que les communs abritent les écuries et le grenier à blé doté d'une remarquable charpente.

Parc, jardins et potager.

lude3.jpgLe parc historique du Lude s'étend sur plusieurs niveaux entre le Château et le cours du Loir, Il est orné de beaux vases de marbre du XVIIIe siècle. et d'un remarquable groupe du XVIIe siècle, en marbre blanc, Hercule et Antée.
Les jardins bas, le long de la rivière, accueillent à l'origine le potager, avant d'être transformés au XIXe siècle par Édouard André en jardins à la française. Parterres de fleurs et bassins se succèdent, tandis qu'une collection d'arbustes à floraison parfumée (chimonanthus, lilas, seringats, calycanthus.) souligne la muraille. À la même époque, les vastes prairies qui s'étendent sur la rive opposée sont aménagées en parc agricole.
Le jardin de la source fait la transition avec le parc boisé. Des plantes vivaces de printemps (hellébores, euphorbes, hostas.) entourent les éléments de rocaille construits au XIXe siècle : kiosque, grotte et embarcadère.
Le potager de 2 hectares est dessiné par Édouard André en 1880. Comportant plusieurs serres, une orangerie, des couches de semis, il est toujours en usage aujourd'hui. Des alignements d'arbres fruitiers, de fleurs et de légumes rares occupent les 3 terrasses qui le composent.
Enfin, le jardin de l'éperon, redessiné en 1997, s'étend aux pieds de la façade Louis XVI. Les haies d'ifs taillés soulignent l'emprise de la forteresse et encadrent un labyrinthe de buis et une roseraie. On y trouve une collection de roses chinoises, thé et hybrides de thé, telles que 'Mutabilis', 'Old Blush', 'Louis XIV', 'Irène Watts'.

Maison des Architectes.

Près de l'entrée du château, cette élégante habitation Renaissance (occupée par la poste) aurait été construite par les maîtres d’œuvre qui travaillaient à l'aile François 1er du château.


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