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Alfred de Vigny se plaisait à reconnaître dans sa vie des temps distincts: « L'un fut le temps de mon éducation; l'autre de ma vie militaire et poétique; une troisième époque commence; ce sera la plus philosophique de ma vie » (Journal, 1832).
Alfred de Vigny est originaire d'une famille noble et de tadition militaire. Son père, un ancien officier qui a fait la guerre de sept ans et qui est presque infirme du fait d'anciennes blessures, est âgé d'une soixantaine d'années à sa naissance. Sa mère est la fille d'un officier de marine. Elle a près d'une trentaine d'années de moins que son mari. Cette femme autoritaire, qui a perdu trois enfants morts en bas âge, va éléver le jeune Alfred, qui est d'une santé fragile, avec une tendresse attentive. Quant à son père, il lui fait embrasser la croix de Saint Louis chaque soir. L'atmosphère chez les Vigny est donc pesant, nostalgique et triste.
Le jeune Alfred de Vigny est un adolescent fier de sa noblesse et des exploits de ses ancêtres. Il est grisé par la gloire de l'Empire, et rêve d'entrer dans l'armée, en dépit des opinions royalistes de sa famille.
La Restauration va lui permettre d'entrer dans l'armée sans aller à l'encontre des opinions de ses parents. En 1814, il devient sous-lieutenant dans les gendarmes rouges, puis, officier de la garde en 1816. A cette époque, il mène la vie monotone de garnison. C'est alors qu'il prend part à l'expédition d'Espagne, qu'il rédige, en 1822, ses premiers poèmes. A cette époque, il commence à fréquenter les milieux romantiques.
En 1825, Alfred de Vigny se marie à une anglaise, Lydia Bunbury. C'est en 1826, qu'il publie les Poèmes antiques et modernes, ainsi qu'un roman historique, Cinq-Mars, peu de temps avant de donner sa démission de capitaine.
En 1829, Alfred de Vigny fait représenter un drame en vers, Othello, adapté d'une pièce de Shakespeare. En 1835, il publiera l'un des plus grands succès de sa carrière, Chatterton, et Servitudes et grandeurs militaires.
De 1835 à 1838, il connait une passion amoureuse tumultueuse avec l'actrice Marie Dorval, qui avait fait un triomphe dans sa pièce Chatterton.La mort de sa mère en 1837, la rupture définitive avec Mademoiselle Dorval en 1838, et des déceptions littéraires le conduisent à se replier sur lui même.
A partir de cette époque, Alfred de Vigny, décline lentement. Il écrit quelques rares poèmes qui paraissent dans la Revue des deux mondes, et passe une grande partie de son temps seul dans sa propriété charentaise du Maine-Giraud.
Il est élu à l'Académie française en 1845 dans le fauteuil de Charles-Guillaume Étienne. En 1854, il revient à Paris afin de solliciter (en vain) un poste de faveur auprès du Second Empire. Il décédera à Paris en 1863.
Son exécuteur testamentaire, Louis Ratisbonne, publie en 1864, sous le titre les Destinées, poèmes philosophiques, onze poèmes dont quelques-uns avaient déjà paru dans la Revue des deux mondes, et dont plusieurs sont des chefs-d'oeuvre: la Mort du loup, la Colère de Samson, le Mont des Oliviers, la Maison du berger. Ratisbonne publia ensuite, en 1867, le Journal d'un poète, réflexions intimes de Vigny notées au jour le jour.
En 1912, Fernand Gregh a édité un récit inachevé, Daphné, composé en 1837.
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