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Cinéma

Sa Majesté Minor

La fiche du film

Date de sortie : 10 Octobre 2007
Réalisé par Jean-Jacques Annaud
Avec José Garcia, Vincent Cassel, Sergio Peris-Mencheta
Film français, espagnol. Genre : Comédie, Fantastique
Durée : 1h 41min. Année de production : 2006
Distribué par Studio Canal


Synopsis

Dans une île imaginaire perdue en Mer Egée, aux temps très lointains d'avant Homère, Minor, mi-homme mi-cochon, orphelin et muet, file des jours tranquilles dans la douce tiédeur de la porcherie en compagnie de sa bonne amie la Truie. Au cours d'une escapade en forêt mythologique, il fait la rencontre d'un des personnages les plus influents de son époque, le Dieu Pan - alias Satyre, qui l'initie à sa manière de bouc aux imprévus du paganisme.
Perché sur une branche d'olivier pour épier Clytia, la fille du Patriarche promise au poète Karkos, Minor fait une mauvaise chute et se tue. Comme on est encore au début du film, et que la période le permet, il ressuscite et recouvre la parole.
Les villageois éberlués découvrent que non seulement il n'est pas mort, mais qu'il se révèle doué d'un stupéfiant sens de l'éloquence.
Sur les conseils du devin, Minor est sacré roi.
Les ennuis commencent...


Brach, identification d'un pote

Sa majesté Minor est le dernier scénario écrit par Gérard Brach, fidèle complice de Jean-Jacques Annaud (La Guerre du feu, Le Nom de la rose, L'Ours, L'Amant. Egalement connu pour sa fructueuse collaboration avec Roman Polanski (Répulsion, Frantic...), Brach, décédé en 2006, avait également travaillé avec des artistes aussi différents que Claude Berri (Jean de Florette), Bertrand Blier (La Femme de mon pote) ou Michelangelo Antonioni (Identification d'une femme). Il est décédé en septembre 2006, quatre jours après le début du tournage de Sa majesté Minor à l'âge de 79 ans.


Beau comme l'Antique

Selon Jean-Jacques Annaud, le scénario de Gérard Brach rassemblait "tous les ingrédients du bonheur" : "Une époque intacte, laissée vierge par le cinéma. Un film gai, païen et libre. Une comédie - enfin - un genre auquel je bouillais de revenir. Un sujet méditerranéen, plein de soleil, de mer émeraude et de garrigue aux senteurs de romarin. Une extravagance en dehors de toute convenance, de toute mode, de toute raison. Une façon de raconter insolente, impressionniste, baroque, imprudente. Un mélange détonnant et étonnant de tous les thèmes qui avaient été les nôtres pendant nos collaborations précédentes. Une incursion dans la mythologie, un monde magique qui avait tellement fait rêver le petit banlieusard que j'étais ! Et puis la Grèce antique ! Pré-antique, encore mieux, moi l'helléniste amoureux d'Hésiode, le poète des temps archaïques ! Bon la décision était prise, ce serait mon prochain film..."


Mythes vivants

Le réalisateur se souvient du jour où il a reçu une lettre de Gérard Brach : "C'était en 2004, juste avant Noël. Dans ma boîte aux lettres, une enveloppe bistre avec des feuillets à l'intérieur, et un petit mot (...) Gérard me parlait de fulgurance, après une interminable période de jachère. Il avait passé un long séjour à l'hôpital. À sa sortie, saisi par une soudaine exubérance, il s'était jeté dans l'écriture de ces pages dont il rêvait depuis longtemps et qu'il avait intitulées "le Grand Pan", du nom du Dieu Grec des bergers, des forêts et de la puissance sexuelle." Voici ce qu'écrivait Brach pour présenter son projet : "En m'inspirant de l'immense richesse de la mythologie grecque, j'ai conçu ce texte insolent, iconoclaste, manipulateur. J'ai dévié certains mythes, en ai retourné d'autres, bousculant des tabous, explorant des complexes. Franchissant les interdits, l'histoire se présente sous forme d'une légende antique, baroque, insolente, grotesque, drôlatique et dramatique. Elle se déroule au XVIIème siècle avant J.-C. dans une île imaginaire des Cyclades."


Jouissons sans entraves

Le film reflète la représentation de la sexualité qui existait dans cette civilisation antique. Le réalisateur de L'Amant précise : "Le christianisme culpabilise la sexualité. Le paganisme la glorifie. Il révère le phallus, le coït, les mamelles, tout ce qui permet à la race de procréer, à chacun de se survivre. Le paganisme honore les récoltes, les semences, la fertilité. La sexualité n'est pas honteuse, elle est joyeuse, elle est la vie. Cet hédonisme radieux m'a toujours enchanté, dans toutes les civilisations "premières". Comme on l'apprend à l'école, les dieux de la mythologie copulent avec tout, des rochers, des plantes, des êtres de toute nature. Une sorte d'amour universel."


Les lieux du film

Les scènes de village ont été tournées sur la côte espagnole, près d'Alicante. Il a fallu concevoir des maisons correspondant à l'architecture de la Haute antiquité. Pour cela, l'équipe s'est inspiré des bories, des cabanes en pierre qu'on trouve sur tout le pourtout méditerranéen. Concernant la maison communautaire, Jean-Jacques Annaud révèle : "En cours de construction, les archéologues du coin nous ont révélé que nous étions en train de reproduire à l'identique un temple de la période du proto bronze situé à quelques 100 kilomètres sur l'île de Minorque." La forêt, en revanche, a été totalement plantée en studio. Le costumier Pierre-Yves Gayraud est parti en Roumanie, là où chanvre et lin sont tissés à la main, et l'équipe de maquillage a appliqué des techniques qui se pratiquent encore aujourd'hui dans les Comores ou en Namibie, à base de jaune d'oeuf ou de beurre.


On s'fait des toiles

Jean-Jacques Annaud et Jean-Marie Dreujou ont puisé dans la peinture certaines des options esthétiques du film : les intérieurs peuvent ainsi rappeler le Caravage ou Rembrandt, les extérieurs Cézanne ou Matisse, les nuits Klimt ou Gustave Moreau. Les "aplats de couleurs fortes, multiples, exubérantes" souhaités par le réalisateur évoquent Paul Signac, Van Gogh ou Chagall.



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