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   Jean-Baptiste Lully - Marche pour la cérémonie des turcs.

Le Château de Chambord


Château de Chambord Chambord, qui mesure 156 m sur 117 m et compte 440 pièces, est le plus vaste des châteaux de la Loire. Dans l’ordre du gigantesque, il annonce Versailles, Son apparition subite au bord d’une allée, et la vision de sa masse blanche qui s’élargit et se précise peu à peu produisent une impression profonde, qui sera encore plus saisissante au coucher du soleil. Il faut y ajouter la belle unité de construction de l’édifice, les richesses de décoration qu’il doit à la Renaissance alors à son apogée, et enfin ces deux merveilles le grand escalier et la terrasse.

Une création grandiose de François 1er (16 s.)

Les comtes de Blois, grands chasseurs, élevèrent un château fort en ce coin perdu de la giboyeuse forêt de Boulogne, à 4 lieues de leur capitale. Ce bâtiment fut rasé par François 1er lorsqu’en 1519 il fit commencer l’édifice actuel dont la construction sera poussée avec passion.
Cet édifice ne peut se comparer à aucune autre construction de François 1er. Par ce château, le roi a voulu célébrer la puissance de son royaume et la sienne. Chambord est né de la rencontre de François 1er et de Léonard de Vinci; En 1516, le jeune roi ramène Léonard en France et l’installe à Amboise où il décède en mai 1519. Pendant ces trois années, il lui confie divers projets, en particulier celui d’un château à Romorantin, et sans doute celui de Chambord, dont le plan est établi dans les années 1518-1519.
Une maquette en bois, dont on perd la trace au 17ème siècle, est réalisée à cette époque par Dominique de Cortone, dit le Boccador. En 1519, le roi nomme François de Pontbriant surintendant de la construction de Chambord dont les travaux commencent cette même année.
Les travaux se poursuivirent jusqu’aux années 1560, avec une brève interruption durant la captivité du roi à Madrid. Ce fut la seule interruption sous le règne de François 1er : même quand le trésor est à sec, quand l’argent manque au roi pour payer à l’Espagne la rançon de ses deux fils venus le “remplacer”, quand il en est réduit à piller les trésors des églises ou à fondre l’argenterie de ses sujets, les chantiers de Chambord restent en pleine activité. François 1er, dans son ardeur, voulait faire dériver la Loire et l’amener au pied du château, mais devant l’énormité de la tâche, on détourne simplement le Cosson.
Jusqu'en 1544, les travaux se poursuivent par la construction de l'aile est, où se trouve les appartements royaux. En 1559, à la mort du roi Henri II, le château est inachevé. Sa construction est alors interrompue, et ce n'est qu'au XVIIème siècle que l'aile ouest recevra sa toiture.

François 1er

Séjours royaux.

Dès 1539, le roi qui se plaisait à dire « allons chez moi », peut y recevoir Charles Quint. Un essaim de jeunes femmes, costumées en divinités grecques, va au-devant de l’empereur et sème des fleurs sous ses pas. Le visiteur, charmé par cet accueil puis émerveillé par l’édifice, dit à son hôte « Chambord est un abrégé de l’industrie humaine » Henri II continue la construction. C’est à Chambord qu’est ratifié en 1552 le traité, signé avec trois princes germaniques, qui apporte à la couronne les trois évêchés : Metz, Toul et Verdun. François II et Charles IX viennent souvent chasser dans la forêt. Henri III et Henri IV ne se montrent guère à Chambord, mais Louis XIII renoue la chaîne.

Chasses royales.

Le parc du château était un merveilleux territoire de chasse. Chambord possédait 300 faucons. Les meutes royales, très nombreuses, étaient l’objet de soins constants. Pour les croisements, on faisait venir les chiens les plus célèbres d’Europe.
Entraînés depuis l’enfance, les rois sont des chasseurs passionnés. Louis XII franchit à cheval des fossés de 5 m. Malgré sa faible La Grande Mademoiselle complexion, Charles IX court 10 heures de suite, crève 5 chevaux, souffle du cor au point de rendre le sang. Il tombe malade après chaque équipée. C’est lui qui réussit cette prouesse : forcer un cerf sans user de chiens.

La Grande Mademoiselle ( 17ème s.)

Chambord fait partie du comté de Blois que Louis XIII accorde à son frère, Gaston d’Orléans. On peut être conspirateur né et bon père : la fille de Gaston, la « Grande Mademoiselle », raconte son jeu favori, faire monter et descendre par son père l’un des degrés à claire-voie, tandis qu’elle suit l’autre sans jamais le rencontrer. Plus tard, c’est à Chambord qu’elle déclare sa flamme à Lauzun : elle le conduit près d’une glace, la ternit de son souffle et trace du doigt sur la huée le nom de l’irrésistible séducteur.

Louis XIV et Molière.

Sous Louis XIV, Chambord revient à la couronne. Le roi y fait neuf séjours. C’est là que Molière crée « Monsieur de Pourceaugnac », écrit au château même en quelques Jours. A la première, le roi ne se déride pas. Lulli, l’auteur de la musique, qui tient un rôle d’apothicaire, a une inspiration : il saute à pieds joints de la scène sur le clavecin d’accompagnement et passe au travers. Le roi éclate de rire ; la pièce est sauvée. Plus tard, Le Bourgeois Gentilhomme fait passer Molière par de nouvelles transes. A la première, le roi reste de glace. Les courtisans, étrillés dans la pièce, préparent déjà leurs sarcasmes. Mais, après la seconde représentation, Louis XIV félicite l’auteur et la cour change ses pointes en compliments.

Maréchal de Saxe

Le Maréchal de Saxe (18e s.).

Louis XV met le château à la disposition de son beau-père Stanislas Leczinski, roi détrôné de Pologne. Puis, il en fait don au maréchal de Saxe avec 40 000 livres de revenus, en récompense de sa victoire à Fontenoy. Rencontre fortuite ou malice de gendre? Maurice de Saxe est le fil naturel d’Auguste de Pologne, le rival heureux de Stanislas, celui qui l’a chassé du trône. Fastueux, orgueilleux, violent, le maréchal de Saxe anime le château d’une vie trépidante. Pour satisfaire son goût des armes, il loge deux régiments de cavalerie composés de Tartares, de Valaques et de Martiniquais. Dans le parc, cette troupe étrange monte de vifs chevaux d’Ukraine dressés à accourir quand la trompette sonne. Le maréchal fait régner une discipline de fer : à la moindre incartade, il pend les coupables aux branches d’un vieil orme.
Par terreur plutôt que par élan, Maurice de Saxe a obtenu les faveurs d’une célèbre actrice, la Favart, et l’oblige à rester à Chambord, A son usage, il a remonté la scène où joua Molière, Favart tient le triple rôle de directeur, d’auteur et de mari complaisant. Le maréchal meurt à 54 ans, les uns disent tué en duel par le prince de Conti vengeant son honneur marital ; d’autres, plus prosaïques, accusent un rhume négligé. Glorieux jusque dans la mort, Maurice de Saxe a voulu que, pendant seize jours, les 6 canons qu’il a placés dans la cour d’honneur tirent tous les quarts d’heure en signe de deuil.

De la Révolution à la Restauration.

Après la mort du maréchal, le château non entretenu se délabre petit à petit. La Révolution détruit le mobilier qui reste.
En 1809, Napoléon fait de Chambord un majorat en faveur de son fidèle Berthier, prince de Wagram. Berthier se contente de vendre le bois et laisse le domaine à l’abandon. Après sa mort, la princesse est autorisée à le mettre en vente, il est acheté par souscription publique, en 1821, pour le duc de Bordeaux, fils posthume du duc de Berry, qui vient d’être assassiné, et héritier de la couronne. Paul-Louis Courier écrit un pamphlet si vigoureux contre la souscription qu’il est condamné à deux mois de prison. Poussé par la passion politique, Courier va jusqu’à demander la démolition de Chambord, que l’État achètera en 1930, moyennant 11 millions, aux héritiers du comte de Chambord, plus le montant d’une hypothèque prise par le duc de Parme.


Le parc.

Aujourd’hui « Parc National Cynégétique », réserve de chasse depuis 1948, Le parc du château est le plus grand parc forestier clos d'Europe avec ses 5 440 ha, dont 4 500 en bois qui est essentiellement composé de chênes et de pins sylvestres, mais il est aussi planté aussi de charmes, de châtaigniers, de bouleaux, d'aulnes, de saules. Un mur de 32 km, le plus long de France, en fait le tour. Ce mur est percé de six portes correspondant à six belles allées.
Les promeneurs ne sont admis que dans un secteur de la partie Ouest, couvrant environ 620 ha. Trois miradors ont été édifiés à l’intention du public désireux d’observer les rassemblements de cerfs, chevreuils, sangliers, venant « au gagnage » chercher leur nourriture (après le lever et avant le coucher du soleil).
Le Cosson, dérivé, court devant le château. Les fossés qu’il alimentait furent comblés par Stanislas Leczinski, L’assiette du château s’en trouve alourdie.

L'escalier à double révolution

Les bâtiments.

Le plan de Chambord est féodal : un donjon central à quatre tours et une enceinte. Mais la construction Renaissance n’évoque plus aucun souvenir guerrier. Chambord est une demeure de plaisance royale. Sur le plan architectural, Chambord combine les idées italiennes les plus en vogue et les formes architecturales françaises les plus traditionnelles. Il est bâti selon le principe des églises italiennes à plan centré et rappelle les recherches de Léonard de Vinci sur le choeur de la cathédrale de Pavie dans les années 1490. Avec Chambord, on inaugure, en France, l'emploi de voûtes en berceau à caissons. Cette innovation d'inspiration italienne, relie Chambord à l'architecture de la basilique Saint-Pierre de Rome.

Le donjon et l'escalier.

D'autres aspects de l'architecture de Chambord sont, par contre, typiquement dans le fil de la tradition française. On peut notamment citer le “donjon”central, cantonné par 4 tours rondes et entouré par une enceinte, ou l'escalier en vis, dit “à doubles révolutions” (il s'agit en fait de deux escaliers enroulés l'un autour de l'autre), qui constitue une des parties les plus remarquables du château, et qui s'inscrit, lui aussi, dans la lignée architecturale française.
Le “donjon” se trouve au centre de l'édifice. Il est construit dès 1519, et sa construction s'achève en 1540. En son milieu se situe l'escalier “à doubles révolutions”, dont le plan a fort probablement été dessiné par Léonard de Vinci. Sa structure est très La chambre de la reineparticulière : deux montées se superposent et permettent à deux personnes de monter et descendre sans se rencontrer. La cage est ajourée, comme celle de l'escalier François 1er à Blois, si bien que toute la structure est transparente.
Les chapiteaux de l'escalier sont ornés de figures d'angle surprenantes : putti (petits amours nus), lézards ou un Pégase sans aile sortant du temple de Mars.
Au dessus du donjon, une lanterne couronne le grand escalier. Cette lanterne est surmontée d'une étroite tourelle, puis d'un lanternon.

Les appartements.

A chacun des trois niveaux de l'escalier, ses quatre angles sont occupés par des appartements de plan carré. Chacun de ces appartements est complété par un autre appartement placé dans la tour d'angle contiguë. L'espace cruciforme laissé libre par cette disposition est occupé par quatre grandes galeries surmontées par des voûtes à caissons. Dans le projet primitif, ces galeries n'existaient pas. Il n'y avait qu'une simple terrasse et l'effet produit par le donjon était beaucoup plus ample.
Les appartements privés du roi occupent l'angle nord-est de l'édifice. Le logis du roi fait pendant à la chapelle, située dans l'aile ouest. Cette chapelle fut commencéeLa chambre du roi dans les années 1545-1550 et fut achevée sous Louis XIV.
Des tapisseries décorent les salons des appartements aménagés sous Louis XIV. Dans ces appartements sont regroupées les toiles, notamment un Clouet représentant Henri III, et un portrait d’Anne d’Autriche par Mignard
La « Chambre royale » a retrouvé son décor du temps de Stanislas Leczinski. Dans la salle du souvenir du comte de Chambord, sont rassemblés des tableaux, le lit d’apparat offert par ses fidèles, deux statues d’enfant, Henri IV et le duc de Bordeaux, le premier et le dernier comte de Chambord, et aussi le petit parc d’artillerie offert au jeune prince pour le distraire et l’instruire : les pièces jouets envoient des balles qui peuvent percer une muraille. On peut également y lire le troisième manifeste daté du 5 juillet 1871 : « Henri V ne peut abandonner le drapeau blanc de Henri IV ».
Dans le cabinet de François 1er, transformé en oratoire par Stanislas Leczinski, se trouve la vitre où le roi chevalier aurait gravé avec le diamant de sa bague le distique mélancolique qui résumait une longue expérience amoureuse « Souvent femme varie, bien fol est qui s’y fie »; ou, suivant d’autres témoignages: « Toute femme varie, mal habil qui s’y fie ».
Au rez-de-chaussée du donjon, sont rassemblées les voitures et les harnachements de gala exécutés en 1871 dans les ateliers Hermès, préparés pour l’entrée du comte de Chambord à Paris.

Les terrasses du château de Chambord

La terrasse.

Directement inspirée par l’Italie, elle offre un spectacle unique : lanterne, pignons, lucarnes, 800 chapiteaux, 365 cheminées, flèches et clochetons s’entremêlent, tous fouillés par le ciseau du sculpteur. Sous les rois, la Cour y passait le plus clair de son temps. De là, elle suivait le départ et l’arrivée des chasses, les revues et exercices militaires, les tournois, les fêtes. Les mille coins et recoins de la terrasse favorisaient les confidences, l’intrigue et les galants apartés, qui tenaient une grande place dans la vie de cette brillante société. A noter un élément de décoration curieux des ardoises découpées en losanges, cercles ou carrés, forment le long des cheminées une sorte de mosaïque rappelant, à moindres frais, les placages de marbres italiens.

De longues galeries extérieures relient les ailes et le donjon. Du côté sud, deux tours étaient initialement prévues, mais elles n'ont jamais été construites. Tout comme les fossés qui devaient entourés le château; seuls ceux du nord et de l'est ont été creusés.

(1) Pour plus de détails, lire : « le Château de Chambord » par Ernest de Ganay


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Fax : 02 54 20 34 69


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