Château de Langeais

Château de LangeaisLe château de Langeais est un des plus intéressants du Val de Loire. Il a été construit d'un seul jet, en quatre ou cinq ans, ce qui est rare ; il n'a pas subi de remaniement...

Le château de Langeais est un des plus intéressants du Val de Loire. Il a été construit d’un seul jet, en quatre ou cinq ans, ce qui est rare ; il n’a pas subi de remaniement ou d’adjonction, ce qui est plus rare encore. Il est par conséquent considéré comme le « dernier des châteaux forts ».
Son aspect défensif est éloquent : ses tours rondes et imposantes s’élèvent au-dessus de mâchicoulis, et des meurtrières agressives surplombent le visiteur.
Mais, il s’agit là d’un choix plus esthétique que réellement guerrier. Le chemin de ronde (comme à Châteaudun) ne sert qu’à affirmer un pouvoir symbolique. En outre. il a été admirablement meublé par Jacques Siegfried, qui en a fait don à l’institut de France en 1904.

Langeais est à l’origine un « castrum » romain, puis une forteresse. À la fin du 10ème siècle, Foulques Nerra fait construire le donjon dont on peut voir les ruines dans le parc du château. Ce donjon est généralement admis comme le plus ancien de France.
Comme de nombreuses places fortes de la région, les maisons d’Anjou et de Touraine se le dispute. Ancien_Donjon_Foulques_Nerra.jpgCette lutte pour la conquête de Langeais se poursuit alors que les rois d’Angleterre sont devenus comtes d’Anjou et que les rois de France le revendiquent.
Richard Cœur de Lion s’en empare, Philippe Auguste le reprend. Le château de Langeais sort en piteux état de cette période agitée. En fait il est totalement ruiné.

Le château neuf (XVème s.).

langeais.jpgC’est Louis XI qui, en 1462, ordonne l’édification de l’édifice actuel, à proximité du donjon roman (voir plus haut).
Jean Bourré en assure la construction (1465-1469) et en sera gouverneur.
Notaire du roi et trésorier de France, Bourré est un de ces conseillers intimes que Louis prend familièrement sous le bras en l’appelant « mon compère ». Il lui a confié l’éducation du dauphin, et la capitainerie de Langeais. Jean Bourré fera construire pour lui-même, le château du Plessis-Bourré.
En 1468, la construction de Langeais s’arrête brusquement. L’aile Sud n’a jamais été terminée; c’est la raison pour laquelle le chemin de ronde s’arrête brusquement, et qu’on peut remarquer l’absence de tour sud-ouest. (Au XIXe siècle, des restaurateurs zélés ont prolongé son extrémité qu’ils ont couronnée d’un mâchicoulis).
L’idée de Louis XI était sans doute de faire de Langeais une place sûre mise en travers de la route des Bretons, au cas où ils s’aviseraient de remonter le Val de Loire, de Nantes vers la Touraine. Cette éventualité disparaîtra après que, en 1491, aura été célébré, à Langeais même, le mariage de Charles VIII et d’Anne de Bretagne.
Jusqu’au milieu du XVIIe siècle, le château restera la propriété de la couronne. Les rois le concèdent, pour une durée limitée, à de hauts personnages qu’ils veulent récompenser ou indemniser. Cette possession précaire détourne les hôtes du château de faire exécuter des transformations.
Quand, au XVIIIe siècle, se succèdent de véritables propriétaires, la gaieté et le confort très modérés de la demeure ne les incitent qu’à de courts séjours. Eux aussi laissent intact le vieil édifice.
Le château est situé en pleine ville, sur un petit promontoire. Vu de l’extérieur, c’est une puissante forteresse féodale, vu de la cour intérieure, c’est une résidence de grand seigneur du XVe siècle.

La demeure seigneuriale.

La façade sur la cour présente peu de fenêtres, peu d’ornements. Ni brique, ni pierre blanche, mais de la pierre de taille grise. Sévérité militaire, qui explique l’origine du château.

Les appartements.

Chambre_de_parement_Langeais.jpgBien meublés, donc plus vivant que la plupart des autres grands châteaux, Langeais permet d’évoquer avec précision la vie seigneuriale au XVe siècle.

Les curiosités les plus remarquables sont :
– la cheminée de la salle des Gardes (le manteau figure un château dont les créneaux sont occupés par des petits personnages).
– la cheminée du grand salon où se fit le mariage de Charles VIII et d’Anne de Bretagne.
– les tapisseries flamandes et les meubles gothiques.

crucifixion.jpgLa collection de tapisseries est en tout point remarquable. Elle comprend de vastes Millefleurs où le décor végétal se suffit à lui même, parfois rehaussé d’un écusson armorié ou semé d’animaux familiers. D’autres tapisseries sont inspirées de scènes bibliques, parmi lesquelles une très belle création, une crucifixion (voir photo) et deux tapisseries dites du Saint-Sacrement qui appartiennent à une série dispersée de douze pièces illustrant le mystère de l’Eucharistie. La suite des Neuf Preux, tissée vers 1531 est l’un des fleurons de cette collection.

Un jardin a été aménagé, dans le style du XVe siècle, entre la cour intérieure et les ruines de l’ancien donjon au pied duquel est la tombe de M. et Mme Siegfried.

©37-online

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